Maïqueule Djaksonne est mort. Aux pleurs, citoyens consommateurs !

La mort de Maïqueule Djaksonne n'a pas laissé indifférent notre Occident en mal d'émotion et d'icône à vénérer. Loin de là, puisque c'est un véritable deuil global, obligatoire pour tout le monde, qui a été décrété. Aux pleurs, citoyens consommateurs ! Qui n'a pas versé sa larme, qui n'a pas rendu son hommage, qui n'en a pas profité pour acheter un de ses albums, apparaît au fond comme un individu pas tout à fait normal. Ce serait même un odieux blasphémateur.

Et les médias de concocter, de toute pièce, un haletant feuilleton sur le devenir de ses enfants et sur les raisons, tout à coup suspectes, qui ont conduit à sa mort...

Incontestablement, c'était un artiste de talent. Mais l'hommage et le traitement de sa mort restent d'une incroyable démesure. Surtout quand, dans le même temps, on ne cesse quotidiennement d'apprendre les décès tous aussi soudains et cruels de gens qui, semble-t-il, n'ont pas vendu assez de disques pour que l'on s'intéresse autant à leur sort qu'à celui du "roi de la pop".

Cela dit, si la mort de Maïqueule Djaksonne est tant monté en épingle par les médias, c'est, qu'au fond, il était, plus qu'un autre, le représentant des années 80. Cette décennie maudite qui a vu triompher les principes qui forgent notre société pré-apocalyptique : Règne du fric, comme fin à tout, et aussi comme moyen dans son cas de ne pas avoir à se soumettre à la justice ; Individualisme débridé, substituant à la solidarité une hypocrite charité ("We are the World"...) ; Américanisation-uniformisation du monde, véritable Holocauste culturel ; Règnes du semblant et du vide, élevant la chirurgie esthétique en art majeur, détrônant l'Ecrit au profit de l'Image ; Rétrogradation du citoyen, désormais esclave voué à la consommation et dévoué au culte et à la cause du "people" ; etc.

Maïqueule Djaksonne est mort. Pas ce qu'il représentait, hélas.
# Posté le vendredi 03 juillet 2009 15:58
Modifié le samedi 04 juillet 2009 13:22

Les soldes d'été, c'est parti !

Les soldes d'été, c'est parti !
Aux armes, citoyens consommateurs !
# Posté le mercredi 24 juin 2009 19:14
Modifié le mercredi 24 juin 2009 19:48

Les dix commandements de l'ultra-libéralisme révélés par "Secret Story"

Les dix commandements de l'ultra-libéralisme révélés par "Secret Story"
Pour le troisième été consécutif, TF1, la chaîne du "mieux-disant" culturel, diffuse "Secret Story", une émission dite de "télé-réalité". Le principe de l'émission est le même que celui de "Loft Story" (diffusée il y a quelques années par M6, "la chaîne qui monte"... en bêtise), à ceci près que les candidats ont chacun un secret qu'ils doivent garder le plus longtemps possible, dans le but d'empocher une cagnotte la plus importante possible.

Si ce genre d'émission est particulièrement attrape-nigaud (les téléspectateurs, notamment les plus crédules, les jeunes, sont appelés à voter par téléphone et SMS - à travers des numéros surtaxés - pour leur candidat "préféré"), et surtout véritable machine à décerveler en masse au profit du système publicito-consumériste, il n'en demeure pas moins qu'elle est révélatrice d'une société gangrénée, de la tête au pied, par l'ultra-libéralisme. Elle en diffuse et résume assez bien ses non-valeurs qu'elle impose jour après jour à des citoyens d'un pays où on a longtemps proclamé haut et fort les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.

De cette émission, on peut ainsi aisément distinguer ce que l'on pourrait nommer "les dix commandements de l'ultra-libéralisme (ou de la société ultra-libérale)". Je vous en propose la liste ci-dessous :

1 - La liberté consiste à pouvoir tout faire qui puisse assurer son bonheur personnel
2 - Prédominance absolue du chacun pour soi
3 - Le bonheur de tout individu consiste essentiellement en l'accumulation personnelle de biens et d'argent
4 - La loi du plus fort est toujours la meilleure
5 - Les hommes ne sont pas frères, ils sont d'éternels concurrents
6 - Le piétinement des plus faibles est nécessaire à la survie du groupe
7 - Rien ne sert de travailler dur, seules la ruse et la chance permettent d'accéder à la réussite et à la reconnaissance
8 - La fin justifie toujours les moyens ; l'immoralité, la manipulation et la perfidie sont nécessaires à la recherche du bonheur
9 - Seule compte l'apparence des choses et des hommes
10 - L'intelligence n'a de sens que si elle sert à bien le piétinement de l'autre


Sympathique tout ça, non ?

ps : article écrit par mes soins il y a déjà deux ans, avec quelques modifications de circonstance.
# Posté le lundi 22 juin 2009 13:18
Modifié le mardi 23 juin 2009 11:48