Pauvres Irlandais

Pauvres Irlandais
Sale année pour les Irlandais !

Après s'être fait voler leur honneur et leur liberté en se faisant refourguer - par la force des baïonnettes médiatico-politiques - le traité de Lisbonne, voilà qu'ils se font maintenant voler leur place pour la Coupe du monde de football de juin prochain.

Il est vrai que ces deux événements ne sont pas comparables - le second étant infiniment plus grave -, mais il faut bien mettre tout cela un peu en perspective pour obtenir son brevet de blogueur auwèère et responsable.

En tout cas, qu'ils se rassurent. S'ils n'iront pas en Afrique du Sud, ils auront le droit d'aller en Iran à l'instar de leurs codétenus partenaires européens. Ce ne sera pas vraiment du football - ni du gaélique -, mais ça sera, paraît-il, aussi animé.

Quant à nous, Français, notre honneur est enfin sauf - et moi une occupation pour le mois de juin prochain. Nous allons à la Coupe du Monde ! Peut-être en trichant, certes, mais nous n'avons aucunement à rougir. Le foot est injuste ? Et alors ?! La société l'est aussi, et ça n'a pas l'air de gêner grand monde. La tricherie et la déloyauté sont les principales vertus de notre époque, alors soyons fiers d'être aussi "modernes" et aussi bien adaptés aux règles du marché triomphant !

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 19:15

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 14:38

Ma France à moi...

Ma France à moi...
Contribution modeste (et indécente) au débat sur l'identité nationale


« A celui qui n'a plus rien, la Patrie est son seul bien » Jean Jaurès

Ma France à moi, ce n'est pas seulement cette terre féconde, ces paysages à couper le souffle, ce patrimoine merveilleux.

Ma France à moi, c'est aussi cette vieille et grande nation forgée dans la glaise du temps, des luttes et des révolutions. Cette vieille nation, héritière de la Gaule, fille de Rome et d'Athènes, qui situe à Bouvines sa genèse, lorsque des peuples que rien ne prédisposaient à s'entendre se battirent ensemble pour la défense d'une patrie commune. Cette grande nation, qui, au-delà des régimes politiques qui l'ont façonnée, fut toujours celle des héros et des travailleurs, des gens d'armes et d'esprits.

Ma France à moi, c'est cette nation originale qui repose, non sur une race, mais sur une histoire, une culture et des valeurs. Cette nation originale dont la vocation historique, depuis Philippe Auguste, a toujours été de tendre vers son unité, dans le dépassement des différences et l'uniformisation de la loi. Cette nation originale qui sait faire place à l'immigration, mais qui toujours assimile.

Ma France à moi est frondeuse. C'est celle de Cyrano et de Voltaire. Celle de Gavroche et des sans-culottes. C'est celle des pamphlétaires et satiristes. C'est celle qui n'accepte pas les injustices et le despotisme et qui se révoltera toujours pour défendre ses droits inaliénables. Celle des jacqueries et des révolutions. Celle qui dresse les barricades et prend la Bastille. Celle qui lit Le Père Duchesne et coupe la tête des tyrans.

Ma France à moi n'est vraiment elle-même que libre et indépendante. C'est celle de Jeanne d'Arc et de Jean Moulin. Celle de Vercingétorix, des soldats de l'an II, des Poilus. Celle de Valmy et des Glières. Celle de la Marseillaise et du Chant des Partisans. C'est une nation fière et orgueilleuse. Une nation qui n'accepte pas sur son sol la loi des empires et des puissances d'argent, et qui préférera toujours prendre les armes plutôt que d'être réduit à la servitude. Une nation qui refusera toujours de n'être qu'une simple province, d'Europe ou d'Occident.

Ma France à moi est celle où il n'y a pas d'autre souverain que le peuple. Celle où le peuple se réserve le soin de trancher les questions capitales, référendum à l'appui, et ne peut être désavoué que par lui-même. Celle d'une démocratie exigeante où la voix de chaque citoyen compte. Où sont garanties la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse et la possibilité de débats libres et contradictoires. Où le Parlement représente la nation dans toutes ses sensibilités et s'inscrit comme le grand espace de débat et de décision. Où le Président incarne, donc ne gouverne pas.

Ma France à moi, c'est celle d'un Etat unitaire, fort et stratège. Celui dont a jeté les bases Philippe le Bel et qu'ont façonné, entre autres, Colbert et Richelieu. Celui qui promeut et défend l'unité nationale. Celui qui défend l'intérêt général face aux féodalités de toute sorte. Celui qui intervient dans l'économie pour la mettre au service du bien commun. Celui qui, seul, peut garantir les libertés, défendre le droit face à la force, le faible face au fort et redistribuer les richesses.

Ma France à moi parle une langue magnifique, le français. Une langue constitutive indispensable de son identité, et de son unité depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Une langue qu'elle entend bien continuer à parler et à promouvoir.

Ma France à moi, c'est ce grand pays de littérature et de philosophie. Celle de l'amour des lettres et de l'esprit. Celle de la Pléiade. Celle de Molière, d'Hugo, de Balzac. Celle des Lumières. Celle de Diderot, de Montesquieu, de Descartes. Celle qui émerveille par son verbe et ½uvre à l'émancipation des consciences.

Ma France à moi, c'est celle de du Bellay et de Péguy. C'est celle de Michelet, de Bloch et de Braudel. Celle qui sait si bien nous parler d'elle, de son histoire et de son avenir. Celle qui sait narrer avec talent et émotion l'amour qu'elle lui porte, et sait nous la transmettre.

Ma France à moi, c'est celle de l'attachement indestructible à la liberté, l'égalité et la fraternité. Celle de Rousseau et de Jaurès. C'est celle de la Révolution, de la Constitution de 1793. C'est celle de la loi de 1905 et du Programme du Conseil National de la Résistance.

Ma France à moi, c'est celle, en un mot, de République. Une République tout autant inséparable de la nation que de ses promesses de liberté et de justice. Celle de Robespierre et de Gambetta. Celle de Clemenceau et de de Gaulle. Une République une et indivisible, où la loi est la même pour tous et où seules priment le mérite et la vertu. Où les communautarismes et privilèges de toute sorte sont mis au pas. Où les droits ne vont pas sans les devoirs. Où l'intérêt général prime sur les intérêts particuliers, et le politique sur l'économique. Où l'école, arrachant les enfants à l'ignorance et aux tribus, est le creuset d'une nation de citoyens libres, égaux et solidaires. Où la constitution de politiques de solidarités et de services publics, chargés de garantir à chacun une existence digne et souveraine et la jouissance de ses droits, est une tâche sacrée.

Ma France à moi est laïque. Elle a bien des racines chrétiennes, mais la religion y est désormais une affaire privée. Les Eglises et l'Etat sont strictement séparés. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire, chacun est libre de critiquer et de se moquer des religions comme bon lui semble.

Ma France à moi, c'est celle qui garantit et promeut la liberté absolue de conscience et d'expression. C'est celle qui veut donner à chacun les moyens de penser par soi-même. C'est celle où le débat et la querelle est une condition du bonheur commun. Celle où la pluralité des opinions est permise, où la parole de chacun ne peut souffrir d'aucune censure, d'aucun politiquement correct, sur quelque sujet que ce soit. C'est celle qui préfère l'excès de liberté d'expression à pas d'expression du tout. C'est celle qui fait une grande place à la gouaille et à l'humour, à la caricature et à toute sorte d'½uvre satirique.

Ma France à moi sonne comme un idéal, comme un principe d'émancipation. C'est la « Grande Nation » de Goethe, celle qui porte l'étendard des Droits des Hommes et des Nations, et qui occupe à ce titre une place à part. Celle dont le souffle révolutionnaire déferle depuis deux siècles sur le monde, inspirant notamment la guerre d'indépendance sud-américaine, le Printemps des peuples et la Révolution russe. Celle qui ne pourrait se dérober à sa « mission universelle » sans renoncer à ce qu'elle est.

Ma France à moi, c'est aussi celle de ses personnages mythiques, souvent idéalisés, parfois imaginaires, mais qui peuplent à jamais sa mémoire. Beaucoup de ceux cités auparavant, de celui qui unit les tribus gauloises face à l'envahisseur romain à la jeune femme galvanisant la résistance française face aux anglais, en passant par ce jeune garçon mourant sur la barricade, auxquels nous pourrions en ajouter bien d'autres. Tel Clovis, le chef d'une tribu germanique qui allait donner son nom à notre pays. Tel Napoléon laissant une marque administrative et législative colossale, consolidant l'héritage de 1789, et le semant au-delà des frontières au terme d'une épopée unique dans l'histoire de France, tout cela bien malgré lui.

Ma France à moi, c'est aussi celle d'un certain art de vivre, de manger et de boire. C'est aussi celle d'une certaine convivialité. Celle du bon vin et des fromages. Celle des bistrots et du Tour de France. Celle des films de Gabin, de Ventura, de de Funès, pour n'énumérer qu'eux.

Ma France à moi, vous l'aurez compris, n'est pas vraiment celle de Diam's ou d'Eric Besson. Ma France à moi, elle ne vit pas à l'heure américaine. Ma France à moi, ce n'est pas celle des politicards véreux, des courtisans et des fils à papa. Ce n'est pas celle qui porte des t-shirts à la gloire de la police de New York et qui s'octroie des passe-droits. Ce n'est pas celle de l'argent-roi, de la compétition permanente et du chacun pour soi. Ce n'est pas celle des paillettes et du Fouquet's.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui entend mettre fin à ce qui fait sa singularité, en servant à la soupe aux rétrogrades de tous poils.

Ma France à moi, ce n'est pas celle des accommodements raisonnables et des compromissions avec l'intégrisme religieux. Ce n'est pas celle qui restreint la liberté d'expression au nom d'un politiquement correct. Ce n'est pas celle qui veut importer le modèle de société américain. Ce n'est pas celle qui veut délaisser le français au profit de l'anglais et de langues régionales. Ce n'est pas celle qui a l'obsession de la race sous couvert de « diversité » et de métissage. Ce n'est pas celle qui exalte les différences et les origines, morcelant la communauté nationale en multiples et rivales communautés ethniques.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui casse les acquis sociaux, rétablit les privilèges et les féodalités, accroît les inégalités, sous prétexte de « modernité » et d'adaptation à la mondialisation. Ce n'est pas celle qui abrutit le peuple, pour le remplacer par un troupeau de consommateurs dociles et sans identité commune. Ce n'est pas celle qui piétine constamment la volonté populaire. Ce n'est pas celle qui sacrifie la maîtrise de son destin sur l'autel de l'Euro et de l'« Europe ». Ce n'est pas celle qui fait allégeance à Wall Street et Washington.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui considère que le cadre national est dépassé.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui se dénigre à longueurs de journées et se laisse cracher dessus. Ma France à moi, ce n'est pas celle qui se qualifie de « moisie », considère qu'elle n'est peuplé que de « beaufs » et de racistes, et réduit son histoire à une série de crimes épouvantables.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui refuse de parler d'identité nationale, qui diabolise le patriotisme, l'assimilant au pétainisme, à la haine de l'autre, au racisme.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui a honte d'exister, honte de son histoire, de sa culture, de ses habitants et de ses valeurs, tellement honte qu'elle veut s'autodétruire à coups de multiculturalisme, d'américanisation et de normalisation néolibérale.

Ma France à moi, ce n'est pas celle qui parle d'identité nationale pour mieux la piétiner en douce. Ce n'est pas celle qui fait du zèle sur le drapeau et la Marseillaise pour mieux cacher son mépris de la patrie.

Ma France à moi, c'est celle qui est fière de son histoire, de sa culture et de ses valeurs, et qui entend bien rester debout et poursuivre sa singulière histoire, par-delà les siècles, par-delà les modes et les renoncements de certains.

Ma France à moi, c'est celle qui croit en l'avenir de la nation, seule cadre pertinent pour l'exercice d'un vrai vivre ensemble, démocratique et solidaire. Celle qui croit en cette nation qui ouvre à l'universel et fait primer ce qui l'unit plutôt que ce qui la divise.

Ma France à moi a un passé, donc un avenir. Ma France à moi, c'est celle qui se respecte et qui est donc mieux à même de se faire respecter et de respecter la diversité des cultures et des nations de notre vaste planète.

Ma France à moi, je lui porte un amour exigeant et compliqué. Un amour qu'il serait bien vain, comme tout amour, de vouloir expliquer et narrer en toute fidélité.

Ma France à moi, sans doute vous paraîtra-t-elle, au mieux ringarde, au pire criminelle. Sans doute m'objectera-t-on qu'elle n'existe plus depuis des lustres, ou bien qu'elle n'a même jamais existé. Mais cela m'importe bien peu. Aussi fantasmée et idéalisée soit-elle, ma France à moi est bien vivante dans mon c½ur et reste ma plus grande richesse d'ici bas.

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 16:37

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 16:54

Ostalgie, quand tu me viens

Ostalgie, quand tu me viens
"Tous ne veulent pas faire carrière, tous ne veulent pas consommer à outrance, tous ne sont pas fait pour une société de compétition. Ils ont compris que les voitures et les télévisions n'étaient pas tout" Goude Baille Lénine


A l'heure où l'on commémore assez outrageusement le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, je suis en train de devenir furieusement ostalgique.

Non que je sois nostalgique d'un mur séparant des familles et des répressions terribles dont ont pu être victimes les Allemands de l'Est comme d'autres peuples plus à l'Est.

Non que je sois communiste.

Non parce que je ne peux m'empêcher d'être pris d'une étrange mélancolie au visionnage de cet excellentissime film auquel je fais référence ci-dessus.

Non. C'est juste que je n'en peux vraiment plus de tous ces hypocrites à cravates, gens-bien-comme-il-faut, affairistes et jouisseurs sans entraves, qui essaient de nous faire gober l'idée selon laquelle la chute du mur de Berlin aurait été la victoire de la liberté sur la barbarie, de la démocratie sur la dictature, de la paix sur la guerre, en somme du bien sur le mal. Et que le 9 novembre 1989, donc, aurait été le début d'une période de bonheur sans fin pour les peuples de l'Europe enfin unis.

Quand on voit à quoi ressemble l'Europe actuellement, avec sa "concurrence libre et non faussée" et son cortège de misère et de chômage de masse, son règne de l'argent et du chacun pour soi, sa démocratie de façade, ses atteintes aux libertés, sa complaisance avec les ethnismes et l'intégrisme religieux et son soutien aux guerres impérialistes américaines, je me dis que nous sommes bien loin de tout cela. Et qu'il n'y a certainement pas lieu, pour ses dirigeants, de faire dans l'auto-congratulation et de diaboliser à ce point le temps du Mur et le communisme. Les "démocraties populaires" avaient évidemment beaucoup de défauts, mais on ne peut leur retirer leur souci d'égalité et de solidarité, leur souci d'émanciper l'homme de l'argent et de donner à chacun une place. Soucis qui, assimilés à une volonté de retour à la Stasi et au Goulag, n'existent guère plus aujourd'hui, au temps béni du marché triomphant...

Et ce "goude baille" à Lénine qu'ils lancent, l'on ne m'empêchera pas de penser que c'est aussi, quelque part, un "goude baille" envoyé à Rousseau, Robespierre et Jaurès et à tous leurs idéaux. Un "goude baille" que je ne pourrai jamais accepté.

# Posté le lundi 09 novembre 2009 15:31

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 19:53

Pierre Doris est mort... Encore un manque de savoir-vivre de sa part !

Pierre Doris est mort... Encore un manque de savoir-vivre de sa part !
Pierre Doris s'est barré pour de bon la semaine dernière, la veille de ses 90 ans. Le "Frankenstein du rire", comme on le surnommait, était considéré comme le père de l'humour noir, influençant notamment Coluche et Pierre Desproges, autant dire ce que la France du rire a pu produire de meilleur.

Une grande figure à laquelle il m'était bien impossible de ne pas rendre un hommage... évidemment noir !


***********


Et comme un hommage sans citations, c'est comme un repas sans vin rouge, en voici quelques-unes pour pour la route :



"Je me suis engagé dans la marine le jour où mon père m'a appris que j'étais sur terre pour travailler."

"Les morts ont de la chance : ils ne voient leur famille qu'une fois par an, à la Toussaint."

"Ne vous tuez pas au boulot ; achetez un revolver, c'est moins fatigant."

"La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms."

"Entre le premier cri et le dernier râle, il n'y a qu'une suite de mots sans importance !"

# Posté le dimanche 01 novembre 2009 18:48

Modifié le lundi 02 novembre 2009 14:31

Nous continuerons, encore et encore

Nous pourrions très bien nous résoudre à être enfin raisonnable, à enfin nous adapter, à enfin nous faire une place - de spectateur, cela va sans dire - dans notre monde moderne.

Nous pourrions ainsi décidé d'admettre enfin notre vile maladie, cause de trop nombreux problèmes dans notre rapport à la collectivité, et de nous faire soigner. Nous pourrions ainsi décidé de baisser notre falzar devant ces policiers d'un nouveau genre, chargés de faire régner l'ordre public-itaire jusqu'au plus profond de nos consciences. Nous pourrions ainsi décidé, vaseline cérébral en poche, de nous abandonner au despotisme bienvaillant des manadjeurs, patrons du kaique-quarante et autres Kim Jong-il du quotidien.

Oui, nous pourrions.

Mais nous pourrions aussi tout simplement continuer à regarder en boucle et avec délectation les films dialoguisés avec génie par Audiard. Le tout en admonestant les freinnechi parlant einnegliche à coups de bourre-pifs et en éparpillant aux quatre coins de Paris, façon puzzle, les lideurs - et videurs - de notre acivilisation, prélude incontournable à l'anéantissement de ce cloaque planétaire.

Nous allons donc continuer cela ?

Nous allons donc continuer cela.

Rien ne vaut les Tontons Flingueurs.

# Posté le mercredi 21 octobre 2009 13:27

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 14:50