Et les médias de concocter, de toute pièce, un haletant feuilleton sur le devenir de ses enfants et sur les raisons, tout à coup suspectes, qui ont conduit à sa mort...
Incontestablement, c'était un artiste de talent. Mais l'hommage et le traitement de sa mort restent d'une incroyable démesure. Surtout quand, dans le même temps, on ne cesse quotidiennement d'apprendre les décès tous aussi soudains et cruels de gens qui, semble-t-il, n'ont pas vendu assez de disques pour que l'on s'intéresse autant à leur sort qu'à celui du "roi de la pop".
Cela dit, si la mort de Maïqueule Djaksonne est tant monté en épingle par les médias, c'est, qu'au fond, il était, plus qu'un autre, le représentant des années 80. Cette décennie maudite qui a vu triompher les principes qui forgent notre société pré-apocalyptique : Règne du fric, comme fin à tout, et aussi comme moyen dans son cas de ne pas avoir à se soumettre à la justice ; Individualisme débridé, substituant à la solidarité une hypocrite charité ("We are the World"...) ; Américanisation-uniformisation du monde, véritable Holocauste culturel ; Règnes du semblant et du vide, élevant la chirurgie esthétique en art majeur, détrônant l'Ecrit au profit de l'Image ; Rétrogradation du citoyen, désormais esclave voué à la consommation et dévoué au culte et à la cause du "people" ; etc.
Maïqueule Djaksonne est mort. Pas ce qu'il représentait, hélas.

