Général Dumas, héros oublié de la Révolution française

Général Dumas, héros oublié de la Révolution française
La Grande Révolution a ses héros calomniés - mes lecteurs en savent quelque chose. Elle a aussi ses héros oubliés.

Ainsi du général Thomas-Alexandre Dumas, père du célèbre écrivain Alexandre Dumas, dont la bravoure et l'héroïsme sur les champs de bataille n'avaient de comparable que sa sagesse et la profondeur de ses convictions républicaines et humanistes. A la réputation de "Diable Noir" des Autrichiens subjugués répondait ainsi bien souvent celle de "Monsieur de l'Humanité".

Mais je n'en dis pas plus. Le camarade Jo-Kheops, ainsi que Brownsista, en parlent très bien sur leur blog. Qu'ils en soient chaleureusement félicités.

# Posté le mercredi 19 août 2009 15:34

Modifié le dimanche 23 août 2009 16:17

9 août, c'est la Saint-Amour...

Un petit slau pour fêter ça ? :)

# Posté le dimanche 09 août 2009 17:23

Du règne de la publicité, ou de la fin de la civilisation

Du règne de la publicité, ou de la fin de la civilisation
Texte écrit il y a de cela déjà deux ans... Et qui n'a pas pris une ride, hélas !

La publicité est partout. Dans nos villes, à la télé, à la radio, dans les journaux, dans nos boîtes aux lettres, sur Internet. Plein les yeux, plein les oreilles, et même plein le nez parfois. Il est devenu impossible d'y échapper. Et pourtant il est de notre devoir de citoyen d'y résister. C'est une question de survie.

Quel est le but de la publicité ? Faire connaître et vanter un produit (ou un service) dans le but d'inciter à l'acheter. En définitive, il s'agit plutôt de « forcer », par un matraquage finement organisé, à consommer un certain produit. Tous les moyens de la propagande sont ainsi utilisés : la « communication » repose sur des slogans martelés à l'infini afin de les inscrire dans l'inconscient des gens. Il s'agit pour les publicitaires d'atteindre l'individu au plus profond de ses instincts, de toucher son affect pour susciter en lui des conduites réflexes. Il faut l'empêcher de raisonner, de penser, de réfléchir, d'avoir le moindre esprit critique. Il faut, en le gavant, en lui bourrant le crâne, flatter ses pulsions, ses désirs, qui l'amèneront à aller à l'encontre de toute lucidité, et d'obéir sans réserve au message envoyé, tel un automate, tel un lobotomisé.

D'ailleurs, le métier de publicitaire n'a jamais été inconciliable avec celui de maître en propagande politique. Du temps de l'URSS, les publicités pour les marchandises et la propagande pour le pouvoir étaient réalisées par les mêmes publicitaires. Plus récemment, Jacques Séguéla, célèbre publicitaire français, avait offert ses services au dictateur togolais Gnassingbé Eyadema pour sa propagande...

Etymologiquement parlant, ce qui différencie la propagande de la publicité, c'est sa visée. La propagande a une visée politique, d'encadrement des pensées. La publicité a, quant à elle, une simple visée commerciale. En réalité, réduire la publicité à une simple fonction commerciale serait minimiser son impact. La publicité est devenue au fil des années un système à elle toute seule. La publicité n'est plus un simple « dérivé » de la propagande, elle est propagande. Et la pire de tous. Elle est un système totalitaire, une entreprise totalitaire, amené à être l'avant-garde d'un ordre nouveau, celui du néo-libéralisme, celui de la loi du plus fort, de l'individualisme forcené, du piétinement de l'autre, de la perfidie, de la superficialité, de l'argent-roi et du tout-marchand, où l'animal-consommateur, aliéné, aura définitivement remplacé l'homme-citoyen, doué de libre-arbitre.

La publicité, instrument de guerre du néo-libéralisme forcené, est une machine à casser de la personne humaine. La publicité ne veut plus d'humains, de citoyens, qui agissent et qui pensent selon leur Raison. Ses seules « valeurs » sont guidés par l'argent. Elle ne veut plus que des moutons dociles, conditionnés dans un seul et même but : consommer. Elle réfute tout esprit de révolte, toute différence. Tout ce qui n'est pas vanté par le totalitarisme publicitaire est à jeter. Mutée en quasi-religion, la publicité impose l'idée que consommer, est, avec le travail, l'unique sens de notre vie. Hors de la consommation, point de bonheur, point de salut !

Danger pour la dignité humaine, la publicité l'est aussi pour son cadre de vie. La publicité, forçant les individus à consommer toujours plus, pousse la corde productive de plus en plus loin, nuisant ainsi toujours plus à l'équilibre environnemental de la planète.

Il est aujourd'hui plus que temps que tout un chacun nous entrions en résistance contre ce totalitarisme de la publicité, derrière lequel se cache un vaste retournement des valeurs de notre civilisation. D'une société de liberté, d'égalité, de fraternité, de démocratie, de justice et de laïcité, nous sommes en train, avec la complicité suicidaire de nos politiques, de replonger en pleine anarchie morale, où la dignité humaine et les fondements mêmes de la civilisation sont remis en cause par un système publicito-consumériste fou !

# Posté le vendredi 07 août 2009 14:44

Bonne fête, Juliette

Bonne fête, Juliette

"Ô Juliette, si tu veux, comme moi, vivre heureuse dans le crime... et j'en commets beaucoup, ma chère... si tu veux, dis-je, y trouver le même bonheur que moi, tâche de t'en faire, avec le temps, une si douce habitude, qu'il te devienne comme impossible de pouvoir exister sans le commettre ; et que toutes les convenances humaines te paraissent si ridicules, que ton âme flexible, et malgré cela nerveuse, se trouve imperceptiblement accoutumée à se faire des vices de toutes les vertus humaines et des vertus de tous les crimes : alors un nouvel univers semblera se créer à tes regards ; un feu dévorant et délicieux se glissera dans tes nerfs, il embrasera ce fluide électrique dans lequel réside le principe de la vie."

Donatien Alphonse François de Sade, Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 11:27

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 11:44

Robespierre, mon amour

Robespierre, mon amour

« Ici, sous le soleil de juin 93 qui chauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins. Oui je suis avec lui parce qu'il a, à ce moment, toute l'ampleur de la Révolution » Jean Jaurès


Le 28 juillet 1794 (10 Thermidor an II), Maximilien Robespierre, qui incarnait la tendance la plus progressiste de la Révolution, était guillotiné.

La veille, sans le moindre jugement, victime de la calomnie de conspirateurs hétéroclites au sein de la Convention – anciens hébertistes et dantonistes avides de vengeance, « terroristes » sanctionnés ou menacés de sanctions par Robespierre pour leurs excès et leur cruauté, bourgeois hostiles aux avancées démocratiques et sociales -, il avait été décrété hors-la-loi et condamné à mourir sur l'échafaud. Sort que connaitront aussi, les jours suivants, cent quatre de ses partisans.

Ces conspirateurs – les « thermidoriens » - l'accusèrent de se comporter en tyran et le chargèrent de tous les crimes de la Terreur.

Rien n'était pourtant plus faux.

Robespierre, s'il avait une autorité morale incontestable, n'a jamais été rien de plus qu'un membre du Comité de Salut Public, l'organe exécutif d'alors de la République, dont la composition et la politique étaient soumises chaque mois à la confiance de la Convention nationale, l'organe législatif. Profondément démocrate, légaliste et soucieux des prérogatives parlementaires, à aucun moment il ne voulut troubler cet équilibre, même lorsqu'est décrété son arrestation, à laquelle il pourrait échapper grâce à l'appui de la sans-culotterie parisienne. Drôle de « dictateur », d'ailleurs, qui chaque soir rentrait chez lui à pied, sans escorte...

Pour ce qui est de la Terreur, si Robespierre en a approuvé le principe – il la juge nécessaire pour sauver les acquis de la Révolution, au moment où la France est menacée par des armées de toute l'Europe et par des insurrections à l'intérieur -, il en a toujours rejeté les excès. Et a toujours tout fait ce qui était en son pouvoir pour les stopper. C'est ainsi, notamment, qu'il réclama les rappels à Paris des abominables Carrier et Fouché. C'est ainsi, notamment, qu'il obtint que soixante-treize députés girondins n'aillent pas à l'échafaud.

Cette image épouvantable de Robespierre en dictateur sanguinaire, qui ne survit pourtant pas à la moindre analyse historique sérieuse, est pourtant celle qui reste, deux siècles après. Une image que des historiens, surfant sur la vague thermidorienne et contre-révolutionnaire, ont réussi à édifier en vérité historique, et à perpétuer jusqu'aux classes d'école...

Et pourtant, à qui connaît son Histoire et sait reconnaître ce qu'il doit aux sacrifices de ses ancêtres, à qui la République est un idéal et un combat, Robespierre force le respect et l'admiration.

A tout républicain sincère, épris de progrès, Robespierre est plus qu'une référence. C'est un père fondateur.

Robespierre, père fondateur de notre République. République qu'il définira et réussira à imposer comme « une et indivisible ».

Robespierre, le démocrate qui lutte contre le suffrage censitaire et pour l'avènement du suffrage universel, et qui finit par l'obtenir en 1792. Robespierre, le démocrate qui agit pour la rédaction de la Constitution de 1793, première constitution républicaine de notre pays, et sans aucun doute la plus démocratique de toutes.

Robespierre, l'indéfectible combattant de la Liberté et de l'Egalité, qui, dès 1789, se fait l'avocat de tous les opprimés et réclame et finit par obtenir l'émancipation des Juifs et des protestants. Robespierre, l'humaniste, qui réclame et obtient aussi l'émancipation des Noirs et l'abolition de l'esclavage dans les colonies.

Robespierre, le pacifiste universaliste, qui se prononce en 1792, à contre-courant de la classe politique, contre la guerre et le militarisme.

Robespierre, le premier responsable politique à se prononcer pour l'abolition de la peine de mort.

Robespierre, père de l'Education nationale, prônant bien avant Ferry l'édification d'un enseignement publique « laïque et obligatoire ».

Robespierre, l'ami du peuple et des plus faibles, l'épris de justice, le héraut de la Fraternité qui, en 1793, jette déjà les bases d'une République sociale et de ce qui sera le « modèle social français ». Réclamant et obtenant que la solidarité et l'assistance à l'égard des plus déshérités soit érigé en devoir social. Réclamant et obtenant l'établissement du droit au travail et l'organisation d'une « bienfaisance nationale », comprenant notamment l'assistance médicale gratuite et des pensions d'infirmité et de vieillesse. Agissant, soucieux de l'intérêt général, pour l'instauration du « maximum » des prix, première tentative d'économie dirigée. Agissant, plus symboliquement, pour que la devise « Liberté, Egalité » soit complétée par « Fraternité », devise qui a toujours cours aujourd'hui.

Robespierre, l'extraordinaire homme d'Etat, qui, par son action courageuse au Comité de Salut Public, contribue à sauver, en juillet 1794, la Révolution et la France d'une situation extrêmement périlleuse.

Robespierre, le mystique, le romantique, l'ascète, le révolutionnaire à l'intégrité et à la droiture reconnues, qui lui valent de rester encore, deux siècles plus tard, dans le c½ur et dans la mémoire des hommes comme « l'Incorruptible ». Et salué à ce titre par tant de patriotes et de républicains, notamment Jean Jaurès, s'il fallait n'en retenir qu'un.

Robespierre, dont la mort, le 28 juillet 1794, sonne le glas de la Révolution et de la toute première tentative de République démocratique, égalitaire et sociale.

Une République démocratique, égalitaire et sociale qui reste toujours aujourd'hui un combat, et dont la figure tutélaire de Robespierre nous montre à jamais le chemin.

# Posté le mardi 28 juillet 2009 17:18

Modifié le mardi 04 août 2009 13:45