Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse

Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse

Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D'ambre et de musc, baiser d'une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l'embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d'un coup me guérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour cette voix, dont le beau chant m'étreint
Si fort le coeur que seul il en dispose.

Je veux mourir ès amoureux combats,
Soûlant l'amour, qu'au sang je porte enclose,
Toute une nuit au milieu de tes, bras.

Pierre de Ronsard

# Posté le jeudi 23 juillet 2009 20:36

14 juillet : 220 ans après, encore beaucoup de Bastille à prendre et à reprendre

Vidéo extraite de "La Révolution Française", film monumental réalisé à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution Française, et, à mon grand bonheur, ENFIN édité cet été en DVD !!

Le 14 juillet, fête nationale, ne célèbre pas exactement la prise de la Bastille, mais qu'importe, il n'y aurait pas eu de 14 juillet 1790 sans 14 juillet 1789.

Ce 14 juillet là, donc, la Bastille, symbole de la tyrannie monarchique, est prise d'assaut par les Parisiens, au terme d'affrontements sanglants. De ce jour date communément le crépuscule de l'Ancien Régime et le point de départ de la Révolution française, sans doute l'événement le plus important de toute l'histoire de l'humanité, fondateur de tous nos acquis politiques et sociaux, à l'origine des libérations nationales des XIXème et XXème siècles. Un Ancien Régime qui, en notre début de XXIème siècle, et à la faveur de la contre-révolution libéral-européiste, revient en force. L'occasion, donc, de rappeler que la Bastille, il ne faut pas seulement célébrer sa prise, il faut aussi prendre conscience qu'il en reste encore pas mal à prendre et à reprendre...
Alors même que les tribus, féodalités et privilèges de tous poils réapparaissent, sous couvert de "diversité" et de "modernité", au mépris de la nation citoyenne et du principe d'égalité, que la démocratie et la souveraineté populaire ne sont plus que de façade, que la liberté n'est plus que liberté des plus forts, que la fraternité laisse place à la compétition de tous contre tous, que le principe de laïcité est galvaudé, mutilé, qu'en somme, notre République n'a plus de République que le nom, comment ne pas avoir en effet une furieuse envie de crier "aux armes, citoyens" ?!

# Posté le mardi 14 juillet 2009 12:37

Modifié le jeudi 16 juillet 2009 11:06

Splendeur et (quelques) misères du Tour de France

« Le vélo, me direz-vous, n'est pas un média. Il ne porte pas de message. Erreur. Ce véhicule utilitaire est une œuvre d'art qui a fertilisé notre imaginaire, renouvelé l'alliance entre ville et campagne, déchaîné des passions viriles et libéré les femmes, apporté une esthétique, et même une morale. Quelque chose de délicieusement ringard - franchouillard, ajoutera-t-on paresseusement et mécaniquement - s'attache à cette cérémonie populaire (...). Une crise annuelle de bonne humeur, qui fait oublier les amertumes du moment, et nous évite de nous prendre trop au sérieux. » Régis Debray

La France ne serait pas vraiment la France sans le vin rouge, la bonne bouffe, son épopée millénaire et ses irruptions révolutionnaires. Elle serait encore moins la France sans ce qui rythme depuis une centaine d'années ses mois de juillet : le Tour de France.

Car, oui, le Tour de France est bien plus que la plus prestigieuse des épreuves cyclistes. Et le cyclisme lui-même bien plus qu'un sport. Une survivance d'un ancien monde. Où l'espace public, théâtre de compétition, a toujours du charme. Où le spectateur, qui n'a pas à payer sa place, n'est pas un simple consommateur. Où l'effort physique réclamé en permanence, sans commune mesure, n'entend pas se monnayer en centaines de milliers ou millions d'euros. Au final, une véritable exception parmi les autres sports « majeurs ». Une exception insupportable que les gens-dans-le-vent tente évidemment d'abattre en lui faisant porter à elle seule le chapeau du dopage – pourtant loin d'être l'apanage de ce seul sport.

Pour ma part, malgré les prestations de plus en plus ternes des coureurs français et le règne sans partage de l'autre, je ne me suis pour autant jamais lassé de suivre le Tour de France. Il faut dire que je suis tombé très petit dans la marmite. Par l'intermédiaire d'un certain 3 juillet 1994, lorsque le Tour organisa une arrivée d'étape chez moi, à Armentières. Une arrivée qui est d'ailleurs restée dans les annales du Tour à cause de la spectaculaire et terrible chute de Laurent Jalabert, causée par un policier qui avait eu la brillante idée de s'avancer sur la route pour prendre une photo (voir la vidéo). Gravement blessé, le grand espoir français du moment – et devenu plus tard mon icône en matière de vélo - dut abandonner l'épreuve... Il y a des jours comme ça, où les misères firent de l'ombre à la splendeur. Heureusement, bien fort rares.

# Posté le dimanche 12 juillet 2009 15:16

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 21:16

Au fond, le Pierre n'avait peut-être pas vraiment tort

Au fond, le Pierre n'avait peut-être pas vraiment tort

« Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre. » Pierre Desproges

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 20:24

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 22:08

Maïqueule Djaksonne est mort. Aux pleurs, citoyens consommateurs !

La mort de Maïqueule Djaksonne n'a pas laissé indifférent notre Occident en mal d'émotion et d'icône à vénérer. Loin de là, puisque c'est un véritable deuil global, obligatoire pour tout le monde, qui a été décrété. Aux pleurs, citoyens consommateurs ! Qui n'a pas versé sa larme, qui n'a pas rendu son hommage, qui n'en a pas profité pour acheter un de ses albums, apparaît au fond comme un individu pas tout à fait normal. Ce serait même un odieux blasphémateur.

Et les médias de concocter, de toute pièce, un haletant feuilleton sur le devenir de ses enfants et sur les raisons, tout à coup suspectes, qui ont conduit à sa mort...

Incontestablement, c'était un artiste de talent. Mais l'hommage et le traitement de sa mort restent d'une incroyable démesure. Surtout quand, dans le même temps, on ne cesse quotidiennement d'apprendre les décès tous aussi soudains et cruels de gens qui, semble-t-il, n'ont pas vendu assez de disques pour que l'on s'intéresse autant à leur sort qu'à celui du "roi de la pop".

Cela dit, si la mort de Maïqueule Djaksonne est tant monté en épingle par les médias, c'est, qu'au fond, il était, plus qu'un autre, le représentant des années 80. Cette décennie maudite qui a vu triompher les principes qui forgent notre société pré-apocalyptique : Règne du fric, comme fin à tout, et aussi comme moyen dans son cas de ne pas avoir à se soumettre à la justice ; Individualisme débridé, substituant à la solidarité une hypocrite charité ("We are the World"...) ; Américanisation-uniformisation du monde, véritable Holocauste culturel ; Règnes du semblant et du vide, élevant la chirurgie esthétique en art majeur, détrônant l'Ecrit au profit de l'Image ; Rétrogradation du citoyen, désormais esclave voué à la consommation et dévoué au culte et à la cause du "people" ; etc.

Maïqueule Djaksonne est mort. Pas ce qu'il représentait, hélas.

Addendum : l'auteur du détournement vidéo ci-dessus est le dénommé "Mozinor". Un détournement parmi tant d'autres que je ne peux que vous inviter expressément à découvrir ^^

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 15:58

Modifié le mardi 04 août 2009 13:53