Mercredi dernier, après avoir été diffusé en avant-première le vendredi d'avant sur Arte, est sorti au cinéma « La journée de la jupe », avec à l'affiche la toujours très élégante Isabelle Adjani. Un film qui a eu d'immenses difficultés à se faire et à être diffusé. Ce film n'est ainsi diffusé que dans 53 salles en France (!).
A la vue du film, on comprend pourquoi. Ce film est très politiquement incorrect ! Preuve en est le jugement porté par « Les Inrockuptibles », l'hebdo culturel phare de la bien-pensance, qui a tout bonnement qualifié le film de « réac ».
Ce film raconte comment une jeune prof de banlieue, quotidiennement insultée, humiliée et traquée par ses élèves (notamment parce qu'elle porte la jupe), en vient un jour à prendre en otage ses élèves, après s'être emparé d'un revolver découvert dans le sac d'un de ses élèves. Une prise d'otages dont elle va profiter... pour faire un cours de français qui ressemble enfin à quelque chose. Un cours qui prend des allures de règlements de comptes avec ses élèves, et avec la bien-pensance.
En plus d'être cinématographiquement sublime, ce film est politiquement époustouflant. Contrairement à « Entre les murs », palme d'or du dernier festival de Cannes, il n'idéalise pas l'école d'aujourd'hui. Il n'en fait pas de la propagande infecte. Non. Il la montre telle qu'elle est. En lambeau. Et ça fait très mal. Et on comprend que cette réalité qu'il montre crûment dérange à ce point nos bien-pensants, ceux-là qui portent la plus lourde responsabilité dans l'avènement de cette sinistre société.
« La journée de la jupe » est un magnifique pamphlet contre l'école d'aujourd'hui. Une école qui renonce peu à peu à ses devoirs impérieux de transmissions des savoirs et des valeurs, par soumission à l'idéologie « pédagogiste » - cette idéologie qui considère contre tout bon sens que l'école ne doit plus transmettre, mais seulement permettre à l'enfant de se développer par lui-même et selon ses envies... Une école-garderie qui, fort logiquement, devient une « fabrique à crétins », où, l'exigence déclinant, l'illettrisme remonte en flèche et où l'élève de cinquième de 2009 a le même niveau qu'un élève de CM2 de 1987. Une école-centre aéré où les élèves sont rois, et où les professeurs ne sont plus respectés, alors qu'il est nécessaire que les enfants aient des maîtres pour pouvoir plus tard s'en passer.
Plus globalement, « La journée de la jupe » est aussi un magnifique pamphlet contre la société actuelle. Cette société, fille de mai 68, qui a prôné pendant tant d'années le rejet de l'autorité, de l'Etat et de l'assimilation. Qui a tant vanté dans les années 80 le « multiculturalisme », le « droit à la différence ». Avec pour conséquences glorieuses de voir s'installer dans notre pays des coutumes archaïques. De voir se développer des zones de non droit et d'inégalités. De voir s'ouvrir la voie royale au repli communautariste. Abandonnant les « quartiers » aux règnes conjoints de la violence et de l'obscurantisme. Où les bien-pensants compassionnels n'ont de cesse de victimiser les coupables et de culpabiliser les victimes... Où, enfin, le machisme abruti retrouve une nouvelle jeunesse grâce au concours de l'intégrisme musulman, niant toute liberté aux femmes, à qui l'on réserve désormais réprimandes misogynes et violences physiques et psychologiques de toute sorte.
Bref, « La journée de la jupe » est un film lucide et implacable sur notre société actuelle. Et, bien évidemment, comme le sous-entend le titre, un hymne à la femme libre et féminine que je ne peux que saluer !
Un film à donc voir absolument... Si votre cinéma le permet ^^